Sarkozy, la main dans le sac de Khadhafi risque 23 ans de prison

Une première dans l’histoire de la Ve République française : un ancien président de la république devant la barre! Et il risque 10 ans de prison pour corruption.

Mardi, la Cour de cassation a rejeté les derniers recours formés par Nicolas Sarkozy, son avocat et l’ex-haut magistrat Gilbert Azibert pour éviter un procès pour « corruption » et « trafic d’influence », entraînant leur renvoi devant le tribunal correctionnel.

Nicolas Sarkozy, retraité politique depuis sa défaite à la primaire de la droite fin 2016, est soupçonné d’avoir tenté d’obtenir début 2014, via son avocat Thierry Herzog, des informations secrètes auprès de Gilbert Azibert dans une procédure concernant la saisie de ses agendas dans l’affaire Bettencourt – soldée pour lui par un non-lieu en 2013 – en échange d’un coup de pouce pour un poste prestigieux à Monaco.

Au terme de leur instruction, les juges avaient ordonné le 26 mars 2018 un procès pour « corruption » et « trafic d’influence » contre les trois hommes, suivant les réquisitions du Parquet National Financier,en octobre 2017. Thierry Herzog et Gilbert Azibert seront aussi jugés pour « violation du secret professionnel ».

Hier, la Cour de cassation a rejeté les interminables recours de Nicolas Sarkozy contre le réquisitoire du PNF, et validé la tenue du procès pour Gilbert Azibert. La haute juridiction avait aussi examiné, dans une procédure rapide, les pourvois de Nicolas Sarkozy et Thierry Herzog visant à contester leur renvoi devant le tribunal correctionnel. Elle les a rejetés dans la foulée, ce qui valide définitivement la tenue du procès, selon une source proche du dossier et l’un des avocats de la défense.

Les problèmes de Sarkozy trouvent leur origine dans des écoutes téléphoniques de l’ex-chef de l’Etat diligentées dans une autre enquête concernant les accusations de financement de sa sa campagne par Kadhafi . Grâce à ces écoutes, les enquêteurs s’étaient aperçus que l’ancien président et son avocat communiquaient via des téléphones portables acquis sous une fausse identité sous le sobriquet de Paul Bismuth.

Ce n’est qu’un couloir de la descente aux enfers de l’ancien chef d’État français qui est aussi poursuivi pour le financement illégal de sa campagne avec l’argent du guide libyen Mouammar Kadhafi qu’il a par la suite fait liquider.

Et rien que pour ce dernier dossier, voici à quoi doit s’attendre Nicolas Sarkozy pour les chefs d’accusations et les peines encourues:

1- corruption passive, article 432-11 du code pénal, 10 ans de prison avec amende de 150 000 euros.
2- recel de détournement de fonds, article 321-2 du code pénal, 10 ans de prison avec 375 000 euros d’amende.
3- financement illégal de campagne électorale, article 113-1 du code électoral, 3 ans de prison avec 45 000 euros d’amende .

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